L’histoire de notre projet à Murat.

Quand j’avais une vingtaine d’années (Sander) j’ai commencé à essayer de me trouver un endroit sympa pour vivre comme moi je le voulais. D’abord je pensais me construire une petite cabane quelque part sur un grand terrain sauvage ou peut-être me trouver une vieille grange. Assez vite j’ai découvert que, aux Pays Bas, ces choses-là ne sont quasiment plus possible car les prix de l’immobilier sont bien trop élevés pour réaliser un rêve pareil. Après avoir quand même fait quelques essais pour démarrer un projet là-bas, j’ai conclu que c’était nécessaire de continuer ma recherche à l’étranger et puis j’ai décidé d’aller en France. Entre-temps le désir de me trouver une ruine avec beaucoup de terrain s’était développé. Pour la plupart des gens, une ruine est  un obstacle qui réduit la valeur d’un terrain tandis que, pour moi, une ruine est plutôt un fondement entouré de beaucoup de matériaux pour (re)construire.

 zelfvoorzienend leven in muratAussi, comme il y avait déjà des gens dans le passé (au moins depuis l'age de fer), il y a des puits et des jardins où ils avait déjà enlevé les pierres de la terre. En plus, les gens dans les alentours accepteraient peut-être plus facilement des activités là où il avait déjà quelque chose autrefois.  Enfin, en étant jeune citadin, c’était difficile de savoir comment choisir un lieu pour vivre et y construire une maison, alors que les anciens ne choisissaient quand même pas un lieu pour vivre sans de bonnes raisons.

Après avoir beaucoup cherché je suis tombé sur ce qui restait du très vieux hameau ‘Murat’. Autrefois il y avait cinq fermes et en 1769 il y avait encore 42 habitants. La dernière habitante, madame Bugeon, avait quitté Murat en 1970. Depuis, la forêt avait fait de son mieux pour complètement envahir le lieu et presque tous les bâtiments étaient écroulés. Via le cadastre, j’ai trouvé l’adresse de la propriétaire et après avoir insisté en écrivant des lettres, elle m’a vendu le lieu.

Donc en 2003, à l’âge de 26 ans, j’ai acheté  à peu près 10 vestiges de batiments agricoles, plusieurs puits et 4 hectares de forêt avec un ruisseau. Tout cela pour quelques milliers d’euros.

Les premières années après l’achat je travaillais encore dans l’hôtellerie aux Pays-Bas. Mes employeurs là-bas voulaient soutenir mon projet et du coup je pus aller à Murat quand je voulais. Quand je revenais,  je pouvais tout de suite travailler chez eux. Durant cinq ans j’étais à peu près quatre mois par an à Murat pour défricher et pour préparer le lieu (et moi-même) pour pouvoir y habiter à l’avenir. Au début nous vivions sous des tentes. Parfois il faisait moins de 10 degrés et il avait beaucoup de neige.

En 2005, Marie-José et moi avons habité à Murat durant huit mois pour faire des essais et pour donner la possibilité à Marie-José de goûter un peu une autre manière de vivre. Elle était enthousiaste et en 2008 nous avons sauté le pas pour y vivre en permanence. Le lieu était prêt pour nous accueillir car j’avais construit un tout petit chalet en bois. Depuis, nous y habitons avec beaucoup de plaisir , dans le rythme des saisons et avec les caprices du temps. (Murat se trouve à 800 mètres d’altitude !)

Nous gagnons notre petit revenu en vendant des légumes à la maison et parfois je fais des béliers hydrauliques chez et avec des gens qui ont des soucis pour l’eau. Comme cela nous pouvons tout juste gagner assez pour vivre et il nous reste assez de temps et d’énergie pour construire notre futur maison. Nous pensons pouvoir y habiter aux alentours de 2022.

 

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